Chaque année à la même date, une poignée de groupes anti-chasse ressort les mêmes vieilles photos, vidéos et mensonges afin d’alimenter la sempiternelle controverse sur la chasse aux phoques. Mais est-ce vraiment le bien-être animal qui motive ces groupes?
Pendant près de deux siècles, le phoque (appelé initialement loup-marin, cette appellation subsiste encore au Québec) a permis aux Amérindiens et à plusieurs populations côtières et insulaires de survivre durant les longs mois d’hiver. Suivant la logique de développement de tant d’autres activités économiques, cette chasse s’est muée en industrie avec ses qualités et ses défauts.
Il y a près d’un demi-siècle, on a accusé les chasseurs de surexploiter la ressource, mais ce que beaucoup de gens ont oublié, c’est qu’au début de l’industrialisation de cette activité, dans les années 1950-1960, tout le monde avait le droit d’exploiter les ressources du golfe du Saint-Laurent. Ce ne sont donc pas les chasseurs terre-neuviens et surtout pas la poignée de chasseurs madelinots qui chassaient intensément le phoque du Groenland, mais bien les Américains et les Européens qui écumaient le large des côtes canadiennes avec leurs immenses bateaux-usines. Il faut préciser qu’à ce moment, l’enjeu économique était de taille puisqu’une bonne partie de la planète s’intéressait beaucoup à la fourrure de ces mammifères marins.
À l’hiver 1964, le chroniqueur de chasse et de pêche, Serge Deyglun, débarque aux îles de la Madeleine avec une équipe de télévision pour faire un reportage sur cette industrie. Usant de méthodes plus que douteuses, Deyglun n’hésite pas à payer un chasseur naïf et intoxiqué afin qu’il écorche un phoque vivant devant la caméra1. La télévision n’ayant fait son apparition dans les foyers madelinots qu’environ une décennie auparavant (et plusieurs insulaires n’avaient toujours pas d’appareil télé à cette époque), la puissance médiatique demeure un concept totalement inconnu pour ces derniers.
Aujourd’hui, cet incident est bien connu et tous les observateurs neutres avoueront qu’aucun chasseur ne retire de bénéfice à faire souffrir un animal, à prendre le risque de se blesser en l’écorchant vivant ou à abîmer volontairement la peau pour laquelle il reçoit à l’époque un montant intéressant.
Le 17 mai 1964, Radio-Canada diffuse ce reportage télévisuel écrit et narré par Deyglun et produit par André Fleury. Le document-choc et truqué fait le tour du monde. Peu de temps après, ignorant tout de la mise en scène de Deyglun, plusieurs groupes montent aux barricades afin de mettre fin à cette soi-disant barbarie.
Lorsque les environnementalistes sont entrés dans la danse, certaines réglementations avaient sans doute besoin d’être resserrées. Le Canada devait surtout fermer ses frontières à l’exploitation outrancière de cette ressource par les pays européens, asiatiques et par les États-Unis qui débarquaient chaque année dans le golfe avec leurs bateaux-usines. Victime de la qualité de leur peau, les phoques voient leur population décliner d’environ 4 millions dans les années 1950 à moins de 2 millions vers le début des années 1970.
À l’époque, des groupes comme World Wildlife Fund (WWF), United Front for Animal Welfare (IFAW), la Fondation Greenpeace, le Comité d’Action pour la défense des animaux en péril (CADAP), l’Organisme européen de Secours aux animaux en détresse (OESAD), la Fondation Franz Weber et le Comité européen pour la Protection des phoques et autres animaux à fourrure ont joint le rang des opposants.
Le Canada entend le message et réagit. En 1971, il impose des quotas sur la chasse aux loups-marins afin de préserver le cheptel; ce qui n’empêche pas les États-Unis de faire fi de toute logique, d’adopter la Marine Mammal Protection Act en 1972 et d’interdire l’importation des produits du phoque sur son territoire.
Dès ce moment, le Canada aurait dû réagir, mais face à son puissant voisin américain, il a souvent tendance à plier l’échine, surtout que la chasse aux phoques ne concernait qu’une poignée de communautés côtières sans grand poids politique et que la plupart des peaux (seul sous-produit utilisé commercialement à l’époque) se vendaient en Europe.
Une fois les règlements révisés, les groupes environnementaux sérieux et crédibles se sont retirés du dossier, mais quelques autres groupes se sont vite aperçu que, en utilisant l’image du blanchon, le succès des levées de fonds dépassait toutes les prévisions; ce magnifique petit mammifère au pelage immaculé et aux yeux humides de manga japonais, incarne l’image même de l’innocence. Il suffit de le mettre en scène sur une banquise immaculée sur lequel le sang contraste terriblement, afin de créer une superstar des campagnes de financement.
Comme l’être humain moyen est toujours prêt à défendre le faible et l’opprimé contre la brute et le truand, les animalistes utilisent l’anthropomorphisme2 afin de créer un lien affectif supplémentaire avec l’animal. Et le candidat est parfait. Au stade blanchon (4 à 12 jours), ce mammifère ressemble à un dodu bébé sans bras; en bonus, ses yeux sécrètent un liquide salé, ce qui leur évite le gel : on jurerait qu’il pleure et donc, qu’il ressent de la peine. On pousse le phénomène un peu plus loin et voilà : le bébé phoque est né.
On ne dit pourtant pas un bébé poulet, mais un poussin. Pas un bébé bœuf, mais un veau. Pas un bébé agneau, pas un bébé cheval… mais comme l’humain tisse des liens affectifs avec certains animaux de compagnie (tel le chat et le chien), les animalistes tablent sur ce phénomène, en évitant soigneusement de rappeler que le phoque est un animal sauvage et non domestique. De plus, l’abattage se fait en plein air, à la vue de tous (ce qui n’est pas le cas de la majorité des abattages); alors, un peu comme la poule qui coure toujours, une fois le cou coupé, le réflexe natatoire3 peut faire croire que le phoque est toujours vivant, même une fois mort. Le scénario est presque trop parfait pour être vrai. Il suffit alors de clamer tout haut vouloir défendre le bébé sans défense contre les méchants chasseurs pour que les cœurs tendres et les esprits faibles ouvrent leur portefeuille.
Brigitte Bardot4 tombe tout à fait dans cette catégorie et certains leaders animalistes l’ont vite compris.
Dans les années 1970, sachant très bien que les vedettes attirent les médias, que les médias contrôlent la population et que cette même population peut remplir leurs coffres, les animalistes utilisent la pauvre d’esprit pour attirer encore plus d’attention sur la chasse aux phoques.
En 1977, comme le feront tant de vedettes mal informées après elle, la starlette débarque avec ses millions et son attitude colonialiste pour expliquer à des gens vivant près du seuil de la pauvreté les notions de bien et de mal. « Canadiens assassins. Et bien, c’est fini, ça doit cesser. C’est pour vous! », brait-elle lors de sa conférence de presse au côté du Suisse Franz Weber.
Le 1er janvier de cette même année, le Canada étend sa juridiction à 200 milles marins de ses côtes (370 kilomètres) et prend enfin le contrôle des les ressources du golfe du Saint-Laurent.
Le mensonge devient alors l’arme de prédilection des animalistes. Ils ne font pas seulement que mentir, mais leurs mensonges sont si subtiles et répétitifs que le public (et même les gouvernements) n’y voit que du feu et leurs accordent plus d’importance qu’ils en ont réellement… ce qui fait boule de neige et augmente leur importance et leur pouvoir. Lorsqu’on se fait dire que 90 % des Canadiens sont contre cette activité, on se dit forcément que l’on devrait être contre nous aussi!
Les animalistes gonflent indûment le nombre de leurs sympathisants, utilisent vidéos et photos afin de faire croire qu’une poignée de manifestants représente un mouvement de masse et affirment qu’une majorité de gens sont contre la chasse aux phoques grâce à des sondages financés par eux et truqués. Plutôt que de procéder à de véritables sondages, de vérifier les dires des animalistes et d’informer le public sur la réalité de l’industrie du phoque, le gouvernement canadien accède aux demandes des imposteurs et met sur pied la Commission Malouf en 1984 afin de faire toute la lumière sur la controverse.
Il faut dire que la société canadienne base ses relations sur la confiance et n’est pas habituée à des mensonges aussi éhontés. Malhonnêtes mais intelligents, les animalistes profitent de la situation alors que, dans d’autres pays, ils se seraient rapidement retrouvés en prison pour fausse publicité, propagande haineuse, corruption, etc. À la suite des propositions du rapport Malouf (1986) le gouvernement interdit donc la chasse aux blanchons, même si aucune indication autre que sentimentale ne justifie une telle interdiction. Deuxième erreur du gouvernement : Après avoir laisser passer l’injustifiable embargo américain, il permet aux animalistes d’avoir gain de cause et contribue ainsi à leur donner du pouvoir.
En résumé, la Commission Malouf 5 suggère que :
Le Gouvernement canadien a bien interdit la chasse aux blanchons et aux dos bleus, mais n’a jamais développé de marchés alternatifs intra Canada, ce qui aurait permis aux communautés côtières de poursuivre leur métier en toute quiétude.
Fait amusant, les pressions de Brigitte Bardot ont favorisé la mise sur pied d’une commission qui a confirmé que l’hakapik serait dorénavant l’instrument réglementaire à utiliser lors de la chasse aux phoques. C’est donc un peu grâce à elle si les phoques se font toujours abattre de cette façon.
Fort de cette bataille, le mouvement anti-chasse prend donc de l’ampleur et s’enrichit. S’offrant de puissants lobbyistes, des scientifiques partisans et des campagnes de désinformation outrancières, les faussaires font fi de la réalité. Leur unique focus devient la collecte de fonds et ils perfectionnent une technique très efficace que l’image du jeune blanchon maximise.
Peu importe qu’il ne soit plus chassé depuis 1987, le blanchon est toujours, encore aujourd’hui, au premier plan des campagnes de financement. En toute impunité, les imposteurs continuent de salir la réputation des chasseurs de phoques, d’amasser des fortunes en mentant à des populations entières et de détruire l’équilibre écologique du golfe du Saint-Laurent.
Malgré l’avis de vétérinaires indépendants et d’autres spécialistes qui confirment l’efficacité des techniques d’abattage, les fraudeurs accusent annuellement les Madelinots de barbares. Grâce à ces campagnes calomnieuses, ils ont amassé plus d’argent avec la bête en quelques années que les insulaires n’en ont fait en quelques siècles, à la sueur de leur front et au péril de leur vie. On serait frustré à moins. Pourtant, les « sanguinaires » Madelinots n’ont jusqu’ici exprimé leur colère qu’en de rares occasions (en renversant un hélicoptère de la International Funds for AnimalWelfare (IFAW) en 1974, par exemple) et jamais ils n’ont répliqué physiquement à leurs agresseurs, malgré leurs innombrables provocations.
En plus de marginaliser une activité ancestrale, les attaques répétées contre l’industrie ont réduit à sa plus simple expression un secteur qui permettait à plusieurs chasseurs de faire le pont économique entre deux saisons de pêche. Plusieurs affirment également que l’explosion de la population de phoques du Groenland n’est pas étrangère à la diminution des stocks de poisson dans le golfe.
En 2008, le nombre de phoques du Groenland (l’espèce visée par la chasse) est estimé à près de 10 millions et leur consommation annuelle de poisson à plus de 12 millions de tonnes. Or, dans ces mêmes régions, les pêcheurs débarquent moins d’un million de tonne de poisson par année. En observant ces chiffres, la menace d’extinction change soudainement de camps!
Les animalistes utilisent depuis toujours deux armes principales pour jouer le public : la manipulation et le mensonge. Du côté de la manipulation, ils se servent d’un vocabulaire sensationnaliste qui déforme la vérité. Leur lexique de prédilection :
Nombre de pays appuient l’anti-chasse. En établissant la liste des pays où la désinformation à suffisamment connu de succès pour conduire à une forme ou une autre de moratoire sur certains produits du phoque, les animalistes comptent provoquer un mouvement d’entraînement. Il est important de souligner que seulement une trentaine de pays sur près de 200 sont tombés dans le panneau et que, de toute façon, il s’agit d’un faux débat puisqu’avec un peu de volonté, le Canada pourrait écouler pratiquement toute la production de cette industrie à l’intérieur de ses frontières.
Parce qu’il soulève plus d’émotion chez l’interlocuteur, ce thème de l’abattage revient souvent et, pour cette raison, doit être traité ici plus spécifiquement (voir la section Professionnalisation – L’abattage le plus humain qui soit)
Pendant que les chasseurs s’efforcent de réduire les souffrances de l’animal, les animalistes continuent d’amasser des fortunes pour préserver le blanchon… qui n’est plus chassé depuis 1988! Peu de leurs donateurs mal informés réalisent qu’un blanchon ne demeure en cet état qu’une dizaine de jours et qu’une fois ce délai passé, il sera abattu en toute légalité.
Il est donc normal que ces groupes de fumistes se soient multipliés. En 2004, comme par hasard, un rapport démontre que les groupes les plus riches (et de loin) sont ceux qui utilisent le phoque comme emblème pour leurs levées de fonds soitInternational Fund for Animal Welfare (IFAW), Human Society of United States (HSUS), Society for Prevention of Cruelty to Animal (SPCA) et People for Ethical Treatment of Animals (PETA). (Financial influence of activists)
Ensemble, ils amassent près de 250 millions de dollars annuellement. L’un de ces groupes, HSUS, prouve que le crime paie : Voici la liste des compensations accordées à quelques têtes dirigeantes :
NOM |
POSITION |
SALAIRE EN 2004 |
Paul Irwin |
Président |
510 680 $ |
Wayne Parcelle |
Président actuel |
350 000 $ (estimé) |
Andrew Rowan |
Vice-président exécutif |
195 707 $ |
Patricia Forkan |
Vice-présidente exécutive |
194 666 $ |
Thomas Waite |
Trésorier |
165 000 $ (estimé) |
Roger Kindler |
Vice-président et conseiller |
160 000 $ (estimé) |
John Grandy |
Vice-président sénior |
156 016 $ |
Jan Hartke |
Directeur exécutif |
142 237 $ |
Martha Armstrong |
Vice-présidente sénior |
131 215 $ |
Total |
2 005 521 $ |
Comme disent si bien les anglophones : « Money talks ». À la vue de ces chiffres, les donateurs verront bien que lorsqu’ils offrent de l’argent à ces groupes, il sert davantage à payer la nouvelle Jaguar du président et à recueillir davantage d’argent qu’à sauver des animaux. Selon le très documenté site www.humanewatch.org, alors que l’organisation dépense annuellement 0,05 % de son budget dans les refuges pour chiens et chats, elle mettait, en 2004, 2,5 millions dans les fonds de pension de ses têtes dirigeantes. Et pas de raison que ça ait baissé depuis.
Il est donc faux de prétendre que les animalistes veulent arrêter cette chasse puisqu’elle est beaucoup plus lucrative pour eux que pour les chasseurs eux-mêmes. Leur unique but est d’alimenter la controverse
Au cours de l’une de leurs actions médiatiques d’éclat, les opposants à la chasse avaient peint la fourrure des blanchons vivants afin de lui faire perdre sa valeur économique. Une fois les prises de vue terminées et les caméras bien ramassées, les animalistes sont reparties se réchauffer à leur hôtel pendant que les jeunes phoques, empestant la peinture, étaient tous abandonnés par leur mère. Les agents du Ministère des Pêches et Océans (MPO) ont dû faire appel aux chasseurs afin qu’ils viennent abréger la souffrance de ces pauvres bêtes condamnées à mourir de faim afin de remplir les coffres animalistes.
Les principaux acteurs des levées de fonds se divisent en deux catégories : ceux qui mentent et qui en tirent directement profit (les manipulateurs) et ceux dont on se sert pour attirer les médias et convaincre le public (les manipulés).
Parmi ceux qui ont fait (et font toujours) fortune avec le phoque, on retrouve :
Le site www.humanewatch.org prend plaisir à souligner les nombreux revers de cet organisme.
Hautement organisés, ces groupes cherchent à s’allier à certaines personnalités publiques qui, naïves, se laissent prendre au jeu.
Plusieurs sites internet exposent les fraudes des animalistes. Nous en avons cité quelques-uns dans ce dossier, mais vous pouvez également allez sur www.animalwrongs.com, www.sealsandsealing.net, The animal rights fraud
ainsi que sur les pages Facebook La Chasse aux phoques : stop aux mensonges et I Support The Seal Hunt.
1 - La Commission Malouf questionna déjà l’incident (Volume II, page 66) et il fut analysé ultérieurement par une commission mise sur pied par le Ministère des Pêches et des Océans.
2 - Attribution de caractéristiques humaines à d’autres animaux.
3 - Spasme post-mortem qui indique justement que le centre des sensations et système sympathique est hors fonction. L’animal est donc bien mort et ne sent plus rien.
4 - Au fait, saviez-vous qu’un bardot était le résultat du croisement entre un cheval et une ânesse. En bout de ligne, un bel animal pas très futé… et qui vieillit très mal.
5 - Malouf, A. 1986. Les phoques et la chasse aux phoques au Canada. Rapport de la Commission royale. Vol. 3, Approvisionnements et Services Canada, Ottawa (Ontario).